Pozières, 1916

Vanessa Paciocco and Jordonne Colley

Alfred Derham

Map of Pozieres, showing trench lines, 1916. University of Melbourne Archives. Alfred Plumley Derham collection, 1963.0024

Étudier et s’immerger dans les expériences de la Première Guerre Mondiale de nos ancêtres, est très intéressant et surtout émouvant. Ce dossier, à partir notamment de la collection des Archives de l’Université de Melbourne, vous donne une petite idée de l’importance de la libération du village de Pozières en 1916 pour les soldats australiens, pendant l’Offensive de la Somme.

Avantage stratégique de Pozieres

L’offensive de la Somme a duré deux semaines entre les Australiens et les Allemands pour le control du territoire. Les Allemands se sont battus avec violence parce qu’ils se sont rendus compte de l’intérêt stratégique de la crête de Pozières. (Charlton, 1986, p164).

Les allemands ont compris que si Pozières était repris par l’ennemi, cela compromettrait leur avantage dans le secteur parce que c’était la partie du front qui était la moins géographiquement favorable aux Alliés. Dans le secteur nord de la Quatrième Armée (les Alliés sous le commandement de Rawlinson), les tranchées britanniques avaient l’avantage car ils pouvaient observer les Allemands plus bas. Mais dans le sud, la région de Thiepval – Pozières – Guillement, les Allemands étaient en position plus haute. C’ était une petite crête mais la clé de la victoire (Sheffield, 2003, p95), parce que l’avantage de l’observation était très important dans cette guerre d’artillerie.

Attaques précédentes : un échec

Il y avait déjà eu quatre essais infructueux pour reprendre Pozières avant le succès du 23 juillet. La libération finale du village était une avancée essentielle pour les Alliés car une fois Pozières obtenu, les Britanniques pouvaient attaquer Thiepval, une autre place forte importante occupé par les Allemands (Sheffield, 2003, p95). Le 5 août, une fois le village repris, Haig écrit et souligne le grand succès des Australiens et de la mission qu’ils avaient accomplie après avoir repoussé trois attaques: « The Australians gained all their objectives north of Pozières and beat off 3 counter-attacks. A fine piece of work».

 Les combats du 22 et 23 juillet 1916 : témoignage de Keast

Le combat à Pozières faisait partie d’un déploiement général des troupes  sur tout le front entre Guillemont et Pozières dans la nuit du 22 au 23 juillet.

Cette attaque a échoué à cause d’une mauvaise coordination des troupes britanniques, mais à Pozières, la 1ere Division australienne a réussi à avancer de 1000 yards (Sheffield, 2003, p93). William R. Keast (1893-1917) était un fantassin australien de Melbourne. Il s’était engagé à 21 ans en 1914, comme sapeur dans l’A. I. F. On lui décerna la Croix Militaire pour son courage à Pozières les 20-25  juillet 1916 (The AIF Project, accédé le 23 octobre 2012).

Keast raconte et décrit l’attaque dans son journal. Il écrit que l’offensive impliquait une attaque de 1000 yards qui commencerait une demi-heure après minuit, en trois vagues séparées d’ une demi-heure. Quand il a dit «there will be something doing », il ne se trompait pas ! Il mentionne que les soldats de la tranchée, et également l’armée, attaqueraient, et que les hommes semblaient assez contents. Il indique aussi que la 1ere Division aurait fini après Pozières, donc c’était le dernier gros effort pour ces soldats (Keast, 22 July, 1916)

WR Keast

Diary of WR Keast, 1916. University of Melbourne Archives, WR Keast collection, 1972.0025

L’entrée du 24 juillet manque. Les Allemands ont lancé une offensive ce jour là, pendant plusieurs jours intenses du combat. « Rien ne préparait les soldats australiens à ce qui les attendaient » (Charlton, 1986, p150). Cette situation explique sans doute la raison pour laquelle Keast n’a pas écrit le 24 juillet : il n’en a pas eu le temps. Il est aussi intéressant de voir que le ton de l’entrée du 23 juillet est très différent de celui du 25. Le 23 juillet, Keast semble de bonne humeur, son ton est léger et il y a peu de référence aux blessés ou aux morts :

Sunday 23th July

Had some funny experiences during the day. (…) The boys had taken their objective in fine style and could have had the whole of the village but orders were to halt on a certain line in the middle of the village and … (stay) in which they did when I got up there they were in great heart and were wondering about in twos and threes in front of our new front line. Amongst the ruins of houses and cellars looking for prisoners of whom they find quite a number it was better than rat-hunting.  Things were quiet like this all day, practically no shelling of captured positions or rifle fire, the Huns must have been back consolidating and shifting guns. I really believe the men could have gone for a mile in the morning if they had been allowed to; in fact it was a great day. The casualties in taking the place were slight, very few of our dead being found on the captured ground…

Cependant,  à la lecture de son entrée du 25 juillet, les jours suivants semblent avoir été très stressants et extrêmement violents. Keast exprime la peur et la souffrance. Le mardi 25 juillet, les Allemands  ont pilonné Pozières toute la journée (Reserve Army Diary, cité dans Charlton, 1986, p160). Keast décrit l’expérience comme un «enfer» et fait référence aux nombreux blessés après la bataille. Selon Keast, malgré tous les bombardements du 25 juillet, les Australiens ont réussi à tenir leur position dans le village.

Tuesday 25th July

I never wish to experience another shelling like the Huns gave Pozières during Tuesday morning. It was extremely violent between 6 and 9.30am and heavy the remainder of the morning. We were sitting in a 5’ trench during it all waiting for one to lob on us and finish. It was hell.
(…)

I am sure the men were never more thankful to get out of a place in their lives. I know I was not: although the losses in the infantry were slight in the taking of Pozières the losses due to to the shelling brought the total up to 50% of all battalions. By Tuesday the whole of the village was taken but the flanks not connected too well and despite the shelling we hung onto the place.

(…) I had had practically no sleep nor a decent meal since Saturday midday so I had a good feed and turned in thankful to be alive and tell the tale, and so ends our part in the Great Push for the present.

WR Keast

Diary of WR Keast, 1916. University of Melbourne Archives, WR Keast collection, 1972.0025

Bibliography

B2455, KEAST WILLIAM REGINALD. National Archives of Australia.

The Digger Cote 160.

Grey, Jeffrey. ‘Derham, Alfred Plumley (1891-1962)’, Australian Dictionary of Biography, National Centre of Biography, Australian National University.

Prior, Robin et Trevor Wilson. ‘Haig, Douglas, first Earl Haig (1861–1928).’ Dans Oxford Dictionary of National Biography, édité par H. C. G. Matthew et Brian Harrison. Oxford: OUP, 2004.

Prior, Robin et Trevor Wilson. ‘Rawlinson, Henry Seymour, Baron Rawlinson (1864–1925).’ Dans Oxford Dictionary of National Biography, édité par H. C. G. Matthew et Brian Harrison. Oxford: OUP, 2004.

Sheffield, Gary. The Somme. London: Cassel, 2003.

The AIF Project.

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