Les Lettres et Leurs Fonctions Pendant La Première Guerre Mondiale

Sophie Davey, Yo Zi Ngoo and Shi Chen

Les Fonctions des Lettres au Front

Pendant la Première Guerre Mondiale, la communication était très difficile. D’abord, la technologie n’était pas encore aussi développée qu’aujourd’hui.  De plus, les nombreuses mesures de sécurité, telles que la censure visant à éviter la fuite de secrets militaires et la restriction des ressources afin d’assurer leur suffisance, constituent un obstacle supplémentaire à la communication.  C’est pourquoi, la communication personnelle se faisait par écrit: la méthode la moins chère et la plus pratique. Ainsi, les lettres et les cartes postales étaient devenues les principales façons pour les soldats de rester en contact avec leurs proches à l’autre bout du monde pendant la guerre. En lisant les lettres de la Première Guerre Mondiale, nous pouvons examiner les réactions individuelles des gens pendant cette période car les lettres se concentrent davantage sur les expériences et les émotions des soldats et de leurs proches que les livres historiques. Grâce aux archives, nous pouvons imaginer les sentiments ressentis pendant cette époque émouvante.

 Les lettres apportent un soutien aux familles que les militaires laissent derrière eux

Selon Burke et al. (2009), écrire et discuter de sa perte avec d’autres personnes qui ont subi une expérience similaire peut agir comme un instrument thérapeutique pour aider au soulagement de la douleur et entamer le processus de guérison (Burke et al. 2009, 3). En s’écrivant des lettres, les proches en deuil ont, non seulement accès à un groupe de soutien, mais également un moyen d’exprimer leurs sentiments de tristesse, pleurer leur perte partagée et aussi trouver une signification à la mort et parfois même y voir un bon côté. Burke et.al (2009) suggèrent en outre que ces fonctions sont importantes pour commencer la guérison psychologique après la mort d’un être cher (Burke et al. 2009, 3). Toutefois, en raison de l’insuffisance de moyens de communication et des grandes distances qui séparent souvent les proches au moment de la Première Guerre Mondiale, cette fonction importante n’aurait pas pu être remplie sans les lettres. La notion de lettres comme offrant un sursis après la mort d’un être cher peut être illustrée par les lettres écrites par Ethel et E.Kitching à Muriel Crawford, à la mort de la mort de Fred, frère de l’une et fiancé de l’autre.

Muriel Crawford, c1914

Muriel Crawford, c1914. University of Melbourne Archives, Murielle Crawford collection, 1988.0171, box 5

Dans ces lettres, les femmes expriment leurs sentiments de tristesse: “C’est très difficile pour nous tous … Il était le préféré de la famille … Nous l’aimions beaucoup et étions très fiers de lui” (Ethel to Muriel, February 24 1918). Elles ont réussi à trouver une signification et à rester positives par rapport à la mort de Fred: “Bien que ce soit très difficile, nous trouvons une grande consolation au fait qu’il soit mort pour nous tous et il a fait son devoir noblement et fidèlement et nous pensons que c’était une mort glorieuse” (Ethel to Muriel, April  7 1918) et, «C’est un grand réconfort de savoir qu’il n’a pas été mis en pièces par ces terribles obus» (Ethel to Muriel, February 24 1918). Enfin, en s’écrivant, elles étaient en mesure de s’offrir un soutien mutuel et de l’amitié pendant cette triste période.

L’importance des lettres pour le monde d’aujourd’hui.

Vera Scantlebury Brown, 1918

Vera Scantlebury Brown, 1918. University of Melbourne Archives, Vera Scantlebury Brown collection, 2013.0058

A travers les lettres écrites par des personnes comme Vera, nous sommes en mesure d’obtenir des informations précieuses sur les conditions de vie dans la zone de conflit. Les lettres écrites par des femmes sont particulièrement utiles, car si il y a beaucoup de documentation en ce qui concerne l’implication des hommes dans la guerre – on connaît moins le rôle unique des femmes. Par exemple, les femmes devaient faire face aux conséquences de la guerre – la gestion des enfants et les responsabilités de la famille, la pénurie de ressources, ainsi que la douleur et le traumatisme. Sur le front, les femmes australiennes ont principalement contribué en tant qu’infirmière –  2139 femmes ont rejoint la guerre en tant qu’ infirmières (Australian Government, 2009).

La vie d’infirmière au front était très active. Vera affirme par exemple qu’elle a fait cinq opérations en un jour (Le vendredi 22 septembre dans une lettre à sa famille). Elle décrit une situation extrême:  “Ils ont dû opérer de nuit avec seulement deux bougies sur l’amputation  d’une hanche et, “Il y a un hôpital qui n’a fonctionné que trois jours. Il n’y a que 60 chambres mais il y a 160 hommes blessés” (Vera Scantlebury Brown, 22 septembre 1917). Elle écrit également dans la lettre qu’elle ne peut pas imaginer comment les hommes blessés sont apportés à l’hôpital. Les lettres écrites par Vera révèlent la sévérité des conditions ainsi que le manque de ressources pendant la guerre. Ainsi, grâce aux informations recueillies dans les lettres, on se fait vite une idée des horreurs que la guerre a créé.

Bibliographie

Australian Government, ‘Women in Wartime’, Big Black Dog Communications Pty Ltd, (2009), at <http://australia.gov.au/about-australia/australian-story/women-in-wartime> (le site visitation Octobre 6 2013)

Australian Government, ‘Womens’ responses to war’, The National Archives, at <http://www.nationalarchives.gov.uk/pathways/firstworldwar/document_packs/women.htm> (le site visitation Octobre 6 2013)

Burke, L.,Neimeyer, R., Mackay, M., Van Dyke Stringer, J. (2009) ‘ Grief Therapy and the Reconstruction of Meaning: From principles to Practice, Springer Science, pp. 2-11

Davis, C. G., Wortman, C. B., Lehman, D. R., & Silver, R. C. (2000). Searching for meaning in loss: are clinical assumptions correct? Death Studies, 24, 497-540

Kitching, Ethel. Letter to Muriel Crawford. 24 Février et 7 Avril. 1918. Muriel Crawford Collection, University of Melbourne Archives, The University of Melbourne, Parkville, VIC.

Kitching, E. Letter to Muriel Crawford. March 10 1918. Muriel Crawford Collection, University of Melbourne Archives, The University of Melbourne, Parkville, VIC.

Ruszkiewicz, C. ‘La  Communiquer pendant la Première Guerre Mondiale’, La Plume Culturelle, (2009) at. <http://www.laplumeculturelle.com/Communiquer-pendant-la-Premiere-Guerre-Mondiale_a669.html> (le site visitait October 5 2013).

Société du Musée canadien des civilisations, ‘Le Canada et le Premier Guerre Mondiale’,  Musée canadien de la guerre, at. <http://www.museedelaguerre.ca/cwm/exhibitions/guerre/communication-f.aspx> (le site visitait Octobre 5 2013).

Simon, R J., Rosenberg, S., & Eppert, C. (2000) Between Hope & Despair: Pedagogy and the Remembrance of Historical Trauma.  Lanham, MD: Rowman & Littlefield. pp. 194-197

Scantlebury Brown, V. Letter to family. Septembre 22 1917. Vera Scantlebury Brown Collection, University of Melbourne Archives.

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