“Oh, what a life” : journal d’un médecin de guerre

Rebecca McIntosh

Men from the 58th Brigade of the 19th Division of the Royal Army Medical Corps

Men from the 58th Brigade of the 19th Division of the Royal Army Medical Corps. Wilberforce Newton is standing on the far right. University of Melbourne Archives, Newton Stephen family collection, 1980.0146 item 5/6/2

Le journal de Wilberforce Newton

Ce dossier va explorer les entrées écrites par le médecin Wilberforce Newton du 18 mai au 1er décembre 1915, soit durant sa première année de service en tant que médecin pendant la guerre.

Les tâches et l’environnement          

Les tâches auxquelles Wilberforce est assigné ne sont pas seulement de traiter les soldats blessés ; il doit aussi censurer des lettres (28 juillet), construire des abris (jeudi 25 novembre), et réparer des trous dans les rues (dimanche 28 novembre).

Quant à son devoir médical, il doit traverser le champ de bataille aussi bien que les tranchées boueuses pour ramasser des soldats blessés. Wilberforce exprime les difficultés de son travail:

“Raining. […] Devil of a job getting wounded out of trenches, as up to knees in mud and water, and could not put stretcher down for fear of drowning patient.” (jeudi 4 novembre)

Wilberforce doit faire encore plus attention qu’un médecin en dehors de la guerre, parce qu’il y a toujours des menaces qui pèsent sur la santé de ses patients. Le danger ne s’arrête pas au moment de la blessure, mais il continue jusqu’à ce qu’on arrive au poste de secours.  Même là, il y a des risques. Comme l’exprime Newton:

“Had a nasty experience to-night as Cell was hit and trolley was hit twice before we could get the patients off and lie down. Two patients killed.” (mardi 31 août)

Quand il travaille dans un hôpital “normal”, il écrit qu’il est étrange d’utiliser à nouveau un stéthoscope et d’écrire des ordonnances (mardi 19 octobre date ? place ?). De la même façon que les soldats sont arrachés de la vie normale, Wilberforce ne s’est pas habitué au travail de médecin de guerre.

La maladie    

Lui-même, Wilberforce a besoin d’un médecin. Il vomit (dimanche 5 septembre), il souffre de migraines causées par les tirs de l’artillerie (vendredi 3 septembre, mercredi 22 septembre), il s’évanouit de fatigue (jeudi 30 septembre), et il est envoyé à l’hôpital avec la grippe (dimanche 10 octobre). Cependant, tant qu’on est pas parti de la guerre, il est difficile de récupérer : la bataille continue et les responsabilités restent.

Paresseux ? Deux types de strafing

Il est clair que Wilberforce travaille sous une forte pression physique et mentale. Il raconte une fois où il échappe de justesse à la mort, puis continue de travailler:

“Shapnell burst within 2 yards of us […] Expected next to come in the middle, but no more fell […] we got up and went on with our work with trembling knees.” (samedi 4 septembre)

Il est obligé de mettre sa peur de côté pour faire son devoir, comme un soldat. Il travaille dur presque chaque jour, or il est traité de paresseux par un supérieur.

“Strafed by a swine of a major for not getting on more rapidly. This after I had been up mending roads for 7 hours last night […] Oh, what a life.” (lundi 29 novembre)

Donc, il souffre de deux types de ce qu’il appelle strafing : les attaques verbales de ces supérieurs, ainsi que le bombardement de l’armée rivale—

“Strafed by shells today” (vendredi 5 novembre)

Ce double emploi du mot montre la forte présence de la guerre dans son esprit, et assimile la pression physique imposée par l’environnement avec la pression mentale imposée par les officiers. Quand il écrit le 27 octobre qu’il n’y a que strafing, il pourrait faire référence aux deux types.

L’entrain résistant    

Malgré tout, Wilberforce ne perd jamais sa confiance en lui. Le fait qu’il écrive des entrées presque chaque jour démontre qu’il veut se souvenir de ce qui se passe, et qu’il ne s’abandonnera pas au désarroi de la guerre. Il semble être malgré tout plein d’entrain.

Par exemple, lorsqu’il est à l’hôpital avec la grippe, il écrit avec humour qu’il y a un garde à qui il a failli donner un coup de pied.

“Hospital. Phillipson, an objectionable Guardsman in next bed. Damn nearly kicked him.” (vendredi 15 octobre)

Il sait aussi défendre son honneur et sa nationalité. Quand il est traité de prisonnier, une allusion à l’histoire de l’Australie, Wilberforce donne un coup de poing à celui qui l’insulte.

“Hell of a row. Fox called me a ——- convict, and I altered the shape of his face.” (dimanche 31 octobre)

Bien que Wilberforce travaille pour les Britanniques, il garde son amour propre d’ Australien. La façon humoristique dont il décrit cet événement indique qu’il ressent une sorte de triomphe et qu’il n’a pas honte.

Finalement, il y a le cas où le supérieur de Wilberforce insulte ses patients.

“Applied for some leave […] Had a row with the C.O. over his treatment of my patients. He had not examined them and started calling them names, and saying some of them should be shot. I told him he had no right to say these things before he had examined the men.” (vendredi 26 novembre)

Après des mois de labeur, en novembre Wilberforce est toujours passionné par son travail. Il doit être épuisé, mais il respecte les soldats. On pourrait en quelque sorte le décrire comme un soldat de la guérison.

Bibliographie 

Tapuscript du journal de la guerre. Wilberforce Newton. Entrées 18 mai – 2 déc 1915.

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Tout est dans la photo: le quotidien dans les tranchées

Ali Watson

Au début, les uniformes des ‘diggers’ étaient très distincts. Ils étaient faits pour être pratiques et durables et ils étaient en laine de couleur verte pour les distinguer. Ce vêtement permettait aux soldats d’être à l’aise, même si le temps était très mauvais.

Ray Jones

The first full dress parade of the 19th Battalion, Liverpool April 1915. University of Melbourne Archives, Ray Jones collection, 1981.0081. Ray Jones is fifth from left in the back row.

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Douce Nuit: Noël Pendant la Guerre

Nerida Woodhams-Bertozzi and Anna-Claire Blogg

Somewhere in France

Somewhere in France. University of Melbourne Archives, Ray Jones collection, 1981.0081

De nombreux soldats ont écrit un journal pendant la première guerre mondiale. Pour eux, l’écriture apportait une certaine régularité à leurs journées incroyablement chaotiques et en outre, c’était une des rares activité qu’ils pouvaient contrôler. L’écriture est une bonne thérapie ; nous savons que les soldats ont écrit des journaux pendant les diverses guerres de l’histoire. Par exemple, les soldats alliés en Afghanistan et en Irak écrivent encore des journaux (bien que nous appelons cela un blog); il y a une abondance de ces blogs sur l’internet au sujet de la vie quotidienne des soldats, de leurs pensées et de leurs émotions. Continue reading